Allergies : oeil et nez
même combat


Les allergies sont de plus en plus fréquentes, sans doute notamment en raison de la présence de polluants toujours plus nombreux, parmi lesquels le tabagisme, actif ou passif. C'est notamment le cas de la rhinite allergique, encore appelée rhume des foins, dont la fréquence est passée en France d'environ 1 % au début du XXe siècle a 20 % aujourd'hui! Celle-ci s'accompagne, en outre, très souvent de symptômes oculaires. II existe heureusement des médicaments très efficaces pour surmonter ces désagréments.
Rappelons en premier lieu qu'une allergie est une réaction anormale a certaines substances que l'on dénomme " allergènes ". Inoffensifs pour les personnes normales, ces allergènes déclenchent des symptômes très gênants chez les personnes allergiques. Ces derniers sont bien sur différents selon que les allergènes pénètrent dans l'organisme par l'air inspiré, la nourriture, une piqûre d'insecte ou encore s'ils sont en contact avec la peau. La rhino-conjonctivite allergique se manifeste par des éternuements " en salves " (on ne peut pas s'arrêter d'éternuer a plusieurs reprises), un écoulement nasal (clair et souvent abondant), une congestion nasale (le nez est bouché), des picotements dans le nez, la gorge et les yeux, les yeux sont " rouges ", avec des sensations de brûlure (conjonctivite), et on observe un larmoiement plus ou moins important. Des manifestations asthmatiques (difficulté a respirer avec une respiration sifflante) sont parfois associées.

La rhino-conjonctivite est provoquée par de nombreux types de pollens (d'ou son autre nom de " pollinose "), d'arbres (chêne, noisetier, cyprès, orme, érable, bouleau, olivier, platane, etc.) ou d'herbes diverses - cultivées ou sauvages (armoise, dactyle, plantain, ehardon russe, ambroisie, pariétaire, etc.). En fonction du pollen responsable (mais il peut y en avoir plusieurs), la " saison " peut s'étaler entre février et septembre, parfois même novembre. Le pic de fréquence se situe entre avril et mai.

 Ne pas négliger la prévention et les petits moyens

En ce qui concerne la prévention, le plus efficace est bien sur d'éviter le contact avec le ou les allergènes, lorsque l'on a pu les identifier et s'ils ne sont pas trés nombreux. Néanmoins, s'il n'est pas toujours facile de changer son lieu de résidence, au moins peut-on éviter certains deplacements que l'on sait à risque. Plus prosaïquement, il est conseillé d'éviter de tondre et de ramasser du gazon ainsi que d'être présent lors de la tonte, d'éviter le foin, les champs et les terrains non entretenus, de fuir les courants d'air. En été un climatiseur est préférable pour la chambre a coucher que des fenêtres ouvertes. Mieux vaut éviter de conserver a la maison des fleurs et même des fleurs séchées. Enfin, on sait maintenant que les boissons alcooliques, les bananes, les pêches, les melons, les pommes et certaines noix peuvent déclencher des symptômes de rhinite. II est donc préférable de s'abstenir de consommer ces fruits frais pendant la période d'allergie ; en revanche, on peut les consommer cuits ou en conserve. Important : éviter le port de lentilles cornéennes pendant les périodes d'irritation oculaire.

Des traitements efficaces

Côté traitement, il existe de nombreux médicaments qui s'adressent tant aux symptômes de la rhinite qu'à ceux de la conjonctivite. Certains ne sont délivrés que sur prescription du médecin, alors que d'autres pourront vous être utilement conseillés par votre pharmacien. Le soulagement des symptômes, souvent très gênants, voire handicapants, est rapide, mais l'effet de ces produits n'est que suspensif. Dans certains cas, votre médecin peut vous adresser a un allergologue qui tentera une désensibilisation. II faut savoir que celle-ci est longue (de trois a cinq ans) et ne concerne que les personnes qui sont extrêmement gènees par des symptômes intenses et prolongés plusieurs mois par an. Rappelez-vous: dans tous les cas, ne négligez jamais une rhino-conjonctivite qui dure et qui revient tous les ans. Non seulement les médicaments peuvent efficacement vous soulager, mais une rhinite pollinique peut évoluer vers un asthme.