Qu'est-ce que la ménopause ?
La ménopause est un phénomène naturel ; ce n'est
pas une maladie. Le terme ménopause signifie étymologiquement " arrêt
des règles ", et désigne ainsi la période qui
survient à partir du moment où les ovaires arrêtent
de produire les hormones de la reproduction : l'estrogène et la
progestérone.
Elle survient le plus souvent aux alentours de 50 ans. La prise d'une
pilule contraceptive ne modifie pas l'âge auquel la ménopause
se produit naturellement. Actuellement, plus de 10 millions
de femmes sont ménopausées
en France.
La ménopause est vécue de façon très différente
selon les femmes, les pays et les cultures. C'est une expérience propre à chaque
femme.
Comment la ménopause m'affecte-t-elle
?
Les symptômes de la ménopause varient d'une femme à l'autre,
et chez une même femme, ils varient dans le temps. Ils peuvent être
d’intensité différente et n’être pas ressentis
de la même façon par chaque femme. Il s’agit des troubles
dits " climatériques ", et de l’ostéoporose.
Troubles dits " climatériques "
Les troubles dits " climatériques " ne sont pas graves et
ne présentent pas de danger pour la santé.
Ce sont notamment des bouffées de chaleur, une sécheresse vaginale,
des troubles urinaires, des troubles de l’humeur (irritabilité,
anxiété), des troubles du sommeil (insomnie) (voir Question 3).
Ces troubles sont soit inexistants, soit très modérés
chez une femme sur deux. Lorsqu’ils existent, ils peuvent être
pénibles et difficiles à supporter. Leur durée peut varier
de quelques mois à plusieurs années. Ostéoporose
L’ostéoporose correspond à une perte du tissu osseux par
décalcification. Les os sont plus fragiles et des fractures peuvent
survenir plus facilement (voir Question 4).
Quels sont les troubles dits " climatériques " de la ménopause
?
Le climatère désigne la période de changements endocriniens,
physiques et psychologiques qui survient à la ménopause. Les
troubles climatériques sont donc les troubles qui surviennent pendant
cette période.
Les bouffées de chaleur
Il s'agit du symptôme le plus fréquent, dû à l’arrêt
de la production d'estrogène par les ovaires. Elles se manifestent par
une sensation de chaleur qui commence au niveau du visage et du cou, puis s'étend
vers le thorax et les épaules, et éventuellement se généralise.
Chez certaines femmes, les bouffées de chaleur s'accompagnent de sueurs
intenses. Elles peuvent survenir dans la journée ou pendant la nuit.
Elles sont sans danger mais peuvent être très incommodantes.
Les troubles vaginaux
La carence en estrogènes survenant au moment de la ménopause
peut rendre la paroi vaginale plus fine, plus sèche et moins "élastique".
Les relations sexuelles peuvent ainsi devenir inconfortables.
Les troubles urinaires
Le contrôle de la vessie est moins bon, ce qui peut provoquer de petites
fuites urinaires, en particulier lors d’efforts (éternuements…).
Il est important de prendre en compte ce problème d'incontinence dès
qu'il apparaît afin qu'il ne s'accentue pas.
Les modifications de la peau
La structure et la texture de la peau sont influencées par les hormones
sexuelles et par les modifications biologiques plus générales
liées au vieillissement. Après la ménopause, la peau tend à devenir
plus fine et plus fragile.
La prise de poids
Souvent, au moment de la ménopause, les femmes prennent du poids et
trouvent qu'il est plus difficile qu'auparavant de perdre ces kilos.
La prise de poids n'est pas directement liée aux modifications hormonales
de la ménopause.
Cependant, la ménopause entraîne une modification dans la répartition
des graisses : elles se logent désormais plus facilement au niveau du
ventre qu'au niveau des cuisses et des fesses.
Les autres troubles de la ménopause
D'autres troubles sans gravité peuvent apparaître : maux de tête,
sensation de grande fatigue, troubles du sommeil, douleurs articulaires...
Certaines femmes peuvent parfois présenter des troubles de l’humeur
(anxiété, irritabilité…) au moment de la ménopause.
Il n'existe aucune preuve que la ménopause en elle-même provoque
une dépression ; la dépression n'est pas plus fréquente à cette
période de la vie qu'à d'autres moments.
Quels sont les risques sur les os et
le cœur qui surviennent à la ménopause ?
L'ostéoporose
Après la ménopause, la perte osseuse s’accélère
car la capacité du corps à produire du tissu osseux est diminuée.
Les os deviennent ainsi plus minces et plus fragiles, à tel point que
des fractures peuvent se produire, notamment au niveau du fémur et de
la colonne vertébrale (tassement vertébral). Après 70
ans, une fracture du col du fémur survient chez une femme sur six.
L'ostéoporose ne concerne pas toutes les femmes. Vous avez cependant
plus de risques d'ostéoporose si :
votre ménopause est survenue précocement ;
vous (ou vos parents) avez des antécédents de fractures sans
traumatisme (chute…) à l’âge adulte ;
vous êtes particulièrement maigre ;
vous êtes sédentaire ;
vous fumez ou vous consommez de l’alcool ;
vous avez un déficit en calcium ou en vitamine D ;
vous suivez ou avez suivi certains traitements (notamment corticoïdes).
Les maladies cardio-vasculaires
Avant la ménopause, les estrogènes naturellement secrétés
apportent une protection contre les maladies cardio-vasculaires (c'est-à-dire
les maladies du cœur et des vaisseaux sanguins), y compris l'infarctus
du myocarde. A la ménopause, cette protection n’existant plus,
le risque de survenue de maladies cardio-vasculaires peut augmenter.
Votre risque personnel dépend de la présence de certains facteurs.
Ainsi, vous avez d’autant plus de risque d'être atteinte d'une
maladie cardio-vasculaire que : vous fumez ;
vous présentez un excès de poids ;
vous êtes sédentaire ;
vous avez des antécédents familiaux de maladie cardio-vasculaire
;
vous souffrez de diabète, d'hypertension artérielle ou avez un
taux de cholestérol ou de triglycérides élevé.
Qu'est ce qu'un THS ?
Son principe est de remplacer les deux hormones (l'estrogène et la progestérone)
dont la production par les ovaires cesse au moment de la ménopause. Le THS consiste à substituer des hormones (c'est pour cela qu’il
s'appelle Traitement Hormonal Substitutif) à celles que vos ovaires
sécrétaient lorsque vous aviez vos règles : estrogène
tout au long du cycle et progestérone, normalement sécrétée
en seconde moitié de cycle de l'ovulation, jusqu'aux règles
suivantes. Le THS comprend donc un estrogène
et un progestatif.
L’estrogène est l’hormone efficace sur les troubles dits " climatériques " et
la prévention de l’ostéoporose. La prise d'estrogène
en l’absence de progestérone pourrait conduire au développement
d'un cancer de l'utérus. Il est donc indispensable de respecter l’association
des deux hormones.
Quels sont les bénéfices
du THS ?
Une action bénéfique sur de nombreux troubles de la ménopause
Le THS est très efficace sur les bouffées de chaleur et les sueurs.
Il agit également sur la paroi vaginale, la vessie et les voies urinaires.
Il peut ainsi améliorer d'éventuels troubles urinaires et vaginaux.
Tous ces effets bénéfiques peuvent contribuer à améliorer
votre qualité de vie.
Une action protectrice contre l'ostéoporose post-ménopausique
et les fractures
De nombreuses études montrent que les estrogènes freinent l'accélération
de la perte osseuse après la ménopause.
Il est établi que les femmes qui prennent un THS présentent moins
de fractures du col du fémur et de la colonne vertébrale que
celles qui n'en ont jamais pris.
Cependant, dès l'arrêt du traitement la perte osseuse reprend.
Dans quelles circonstances prend-on un
THS ?
La décision de commencer un THS doit se prendre en concertation avec
votre médecin en fonction de votre état de santé et de
vos souhaits.
Si vous avez des symptômes " climatériques " incommodants
En cas de bouffées de chaleur ou autres symptômes gênants,
un THS peut être instauré et prolongé tant que durent ces
symptômes (voir Questions 3 et 7). Il faut cependant noter que
tout symptôme climatérique
se produisant avant l’arrêt des règles est le signe
d’un déséquilibre hormonal débutant et non
celui d’une ménopause. Ce déséquilibre n’est
pas traité de la même façon que la ménopause
; on ne peut commencer un THS avant l’arrêt complet des règles.
Si vous avez des facteurs de risque d’ostéoporose
Le THS doit être instauré le plus précocement possible à la
ménopause, dans le but de prévenir l'ostéoporose (voir
Questions 4 et 6).
Si vous n’avez ni des symptômes incommodants ni des facteurs de
risque d’ostéoporose
Dans ce cas, un THS ne doit pas être pris de manière systématique.
Le THS comporte-t-il des risques ?
En juillet 2002, la publication d’une grande étude américaine
relative à l’utilisation du THS a alimenté de nombreux
débats. Cette étude menée auprès de plus de 16
000 femmes ménopausées a permis de repréciser les risques
et les bénéfices d’un THS (voir Question 6). Toutefois, il faut préciser que cette étude a été réalisée
avec un THS peu utilisé en France (moins de 1%), le Prémarin®,
chez un groupe de femmes ayant un excès de poids et étant âgées
en moyenne de 65 ans. Cependant, les autres THS n'ayant pas fait l'objet
de telles études, on ne peut conclure qu'ils présentent
moins de risque que le Prémarin®.
Les résultats de cette étude ont confirmé l’intérêt
du THS (voir Question 6) et précisé quels en étaient les
risques. Quels sont les risques cardio-vasculaires
?
Dans l'état actuel des connaissances, le THS
n'aurait pas d'effet protecteur pour prévenir les maladies cardio-vasculaires
(infarctus du myocarde, insuffisance coronarienne, accident vasculaire
cérébral…), que la femme ait ou non des antécédents
de ces maladies. Le risque de thrombose veineuse
(c’est-à-dire le risque
de formation d’un caillot dans une veine provoquant une phlébite
ou une embolie pulmonaire) augmente, surtout la première année
de traitement, lors de la prise d’un THS : le nombre de cas supplémentaires
par an est de 4 chez les 50-59 ans et 9 chez les 60-69 ans pour 1 000
femmes traitées pendant 5 ans. Les facteurs de risque cardio-vasculaire
sont définis à la
question 4.
Quels sont les risques de développer un cancer ?
- Cancer du sein
Le THS, en retardant la ménopause, augmente le risque de survenue du
cancer du sein par rapport aux femmes ménopausées non traitées.
En effet, la ménopause aurait un effet protecteur sur le risque de cancer
du sein. Ce risque est très faible : sur 10 000 femmes ne prenant pas
de THS, environ 450 présenteront un cancer du sein entre 50 et
70 ans (ce risque augmentant avec l’âge). Chez les femmes
traitées par THS pendant 5 ans, le nombre de cas supplémentaires
est de 8 pour 10 000 par an.
- Autres cancers
Les données disponibles ne permettent pas d’établir de
lien entre la prise de THS et la survenue d’autres cancers, notamment
le cancer de l’ovaire.
Quels sont les effets indésirables
du THS ?
Seins douloureux
Il est possible sous THS de ressentir des douleurs de type variable au niveau
des seins : tension, gonflement, inconfort, véritable douleur… Ce
type de problème ne signifie pas pour autant que vous êtes en
train de développer un cancer du sein à cause du THS (voir Question
8).
Prise de poids et ballonnements
Le progestatif est un élément indispensable pour assurer la protection
de l'utérus (voir Question 5), mais il nécessite d'être
dosé avec soin, car un dosage non-équilibré entre progestatif
et estrogène peut entraîner une légère prise de
poids et une sensation de ballonnement intestinal.
Si un effet secondaire apparaît, parlez-en à votre médecin,
qui éventuellement réajustera votre traitement.
Quelles sont les contre-indications du
THS ?
Le THS est contre-indiqué dans les cas suivants : cancer du sein connu ou suspecté, ou autres tumeurs dont le développement
dépend de la quantité d’estrogénes (exemple:
cancer de l’utérus) ;
thrombose veineuse ou artérielle récente ou en évolution
(exemple : phlébite, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral)
;
hémorragie génitale d’origine inconnue, maladie du foie,
allergie au THS.
Peut-on prendre ou continuer un THS en présence d'une maladie
cardio-vasculaire ?
Certaines maladies cardio-vasculaires font l'objet d'une contre-indication
(voir Question 10), notamment infarctus du myocarde, phlébite ou accident
vasculaire cérébral récent ou en évolution. Pour les maladies ne faisant
pas l'objet d'une contre-indication, comme l'hypertension artérielle, le THS peut être prescrit. Seul
votre médecin peut apprécier l’intérêt
de le prescrire dans ce cas.
Dans tous les cas, seul votre médecin pourra juger s’il est nécessaire
de prendre ou d’arrêter un THS.
Combien de temps peut-on prendre un
THS ? Quand peut-on l'interrompre ?
Dans le cadre du traitement des troubles climatériques, il est recommandé de
prendre un THS tant que durent les symptômes sans dépasser 5 années
de traitement. Dans le cadre de la prévention de l’ostéoporose,
la durée de traitement recommandée est d'environ 5 ans.
Au delà, il est difficile de formuler des recommandations en l'absence
de données d'efficacité et de tolérance. Dans tous les cas, le traitement
doit être le plus court possible,
en tenant compte des bénéfices et des risques du THS. Le
rapport bénéfice/risque doit être établi et
réévalué régulièrement pour chaque
femme.
Le THS peut être interrompu à tout moment.
Sous quelles formes le THS est-il disponible
?
Le THS est disponible sous différentes formes, qui peuvent être
combinées entre elles. Les estrogènes se présentent sous forme orale (comprimé),
cutanée (gel , timbre ou patch), vaginale (anneau vaginal) et
nasale (pulvérisateur).
Les progestatifs seuls se présentent uniquement sous forme orale (comprimé).
Il existe des associations estrogène + progestatif qui se présentent
sous forme orale ou de patch.
Le choix de l'une ou l'autre forme dépend en partie de votre confort
et de vos préférences personnelles. Le choix de la voie d'administration
ne modifie pas l'efficacité du THS.
Quels sont les rythmes d’administration
des THS ?
Il existe deux façons de prendre un THS : soit de façon séquentielle
(discontinue), soit en continu Les traitements avec "règles" (traitement discontinu)
: le progestatif est ajouté à l'estrogène pendant
une partie du mois seulement, pendant les 12 à 14 derniers jours.
L’ensemble du traitement est prescrit du 1er au 25ème jour.
Ce traitement restaure artificiellement vos règles pendant les
quelques jours d’arrêt du traitement.
Schéma d’administration discontinue Les traitements sans "règles" (traitement en continu)
: estrogène et progestatif sont prescrits ensemble et pendant
des périodes de 28 à 30 jours. Il n'y a pas d'arrêt
entre deux périodes de traitement. Schéma d’administration " en
continu "
Le choix entre ces deux rythmes doit être discuté avec votre médecin.
Quelle est la surveillance d’un
THS ?
Avant d’initier un THS, un examen clinique et gynécologique (y
compris une mammographie) doivent être effectués. Ceux-ci ne corrigent
pas les symptômes (bouffées de chaleur) liés à la
carence en estrogènes. Une fois le THS instauré, il est nécessaire d'avoir un
suivi médical régulier , au moins une fois par an.
Existe-t-il des alternatives au THS
?
Il existe d’autres traitements qui peuvent également ralentir
l’évolution de l’ostéoporose et donc prévenir
le risque de fracture. De même que pour le THS, on manque encore de données sur
leur utilisation au-delà de 5 ans.
Vous pouvez en parler avec votre médecin.
En conclusion
Au moment de la ménopause, le THS est efficace pour traiter les symptômes
dits " climatériques " qui surviennent à cette période
de la vie (bouffées de chaleur…) mais aussi prévient les
complications de l’ostéoporose. Il ne faut cependant pas ignorer les risques (en particulier cardio-vasculaires)
du THS. La décision d’initier un THS ne peut donc être prise
qu’après un dialogue entre vous et votre médecin. Cette brochure, réalisée par l’Afssaps, a bénéficié du
concours de Daniel Delanoë, Isabelle Favre, Danielle Hassan et Virgine
Ringa, et a été validée par le groupe multidisciplinaire
d'experts mis en place par l’Afssaps : M. Andrejak, S. Bernard,
J. Bonneterre, P. Carlier, J. Caron, A. Castot, C. Caulin, A. Castaigne,
Ph. Chanson, S. Christin-Maitre, F. Clavel, JC. Colau, J. Conard, C.
Cormier, C. Cornu, D. Costagliola, C. Denis, E. Drapier-Faure, N. Dumarcet,
L. Duranteau, A. Gompel, F. Haramburu, A. Kahan, C. Kreft-Jaïs,
F. Kuttenn, M. Lé, P. Lopes, A. Pariente, MC. Perault-Pochat,
G. Plu-Bureau, C. Rey-Quinio, V. Ringa, H. Rozenbaum, G. Rostoker, C.
Roux, PY. Scarabin, G. Steg, JC. Thalabard, C. Thery, P. This, Ph. Touraine,
ML. Veyries.
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